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Bienveillance, bonheur et bien-être au travail: des concepts efficaces!

Depuis quelques années, la bienveillance apparaît comme une nouvelle clé du succès pour les entreprises désireuses de favoriser une bonne ambiance de travail au sein des équipes de collaborateurs. Faut-il croire à des recettes magiques capables d’encourager des rapports humains épanouissants? Pas forcément, mais des solutions efficaces existent pour installer une atmosphère professionnelle propice à de meilleures relations entre collaborateurs.

La troisième édition de l’Université du bonheur au travail a eu lieu il y a quelques jours, non loin de Paris. L’Université du bonheur au travail? «Trois jours de solutions concrètes pour libérer le bonheur dans votre organisation», annoncent les responsables de cette rencontre «des acteurs du monde de l’entreprise du secteur privé et du secteur public – dirigeants, directeurs des ressources humaines, managers, etc. – avec des professionnels du bonheur au travail». Parmi les intervenants, on trouvait des spécialistes comme Gaël Chatelain, auteur, consultant et conférencier, qui insiste sur la nécessité de mettre en œuvre un «management bienveillant», Boris Sirbey, universitaire et philosophe qui s’intéresse au thème de l’intelligence collective, ou Clément Saint Olive, cofondateur d’Alenvi, «une entreprise de services d’aide à domicile, qui a choisi délibérément de placer l’humain au cœur de son dispositif».

Le choix des invités de cette manifestation, comme son existence, voulue il y a trois ans par le think-tank économique et politique la Fabrique Spinoza, «visant à réintroduire le bien-être citoyen au cœur du débat démocratique», dénote l’importance prise ces dernières années par la question de l’épanouissement des collaborateurs sur leur lieu de travail. Alexandre Jost, le fondateur de la Fabrique Spinoza, diplômé de l’Ecole Centrale Paris et dirigeant d’entreprise, ne dit pas autre chose quand, dans une récente interview, il affirme que le bonheur au travail, «sujet qui s’est imposé médiatiquement», est possible. «La démarche peut s’apprendre. Mais le sujet est complexe, car il touche à l’humain: nous sommes en train de changer les rapports entre salariés.» Alexandre Jost note aussi que les discussions plus fréquentes dans le débat public autour du management bienveillant ou du bonheur au travail entraînent depuis peu un effet non souhaité: une forme de happybashing, le rejet d’une sorte d’injonction au bien-être. Une des raisons de cette critique? Peut-être une méfiance vis-à-vis des entreprises, particulièrement des grandes entreprises. Les collaborateurs «ont des attentes, mais ils sont souvent déçus. Du coup, ils sont résignés face à l’impact positif que leur société pourrait leur apporter. Ils ont du mal à croire qu’elle leur veut du bien».

La culture de la bienveillance, une réalité incontournable

Albert-Henri Chabloz, responsable d’une unité de distribution dans le canton de Vaud pour la société Poste CH SA, qui fait partie du groupe La Poste, croit au contraire que le style de management peut bel et bien participer au bien-être des collaborateurs. C’est du moins le sujet qu’il a étudié dans un travail effectué cette année dans le cadre d’une formation de haut niveau proposée par la Haute école de gestion de Fribourg (HEG Fribourg). «Je pense que cette culture de la bienveillance est une réalité incontournable et qu’elle assurera le succès à long terme des entreprises et des organisations à l’avenir», écrit-il dans ses pages de conclusion. Il ajoute toutefois: «Cette bienveillance ne peut cependant qu’être vécue et ne peut être imposée comme un objectif d’entreprise. Seule une bonne connaissance de soi et une intime conviction de la part des managers leur permettront, par l’exemple, de faire vivre cette bienveillance dans leur secteur. La réalité sera là lorsque nous percevrons cette bienveillance au quotidien et non pas seulement sur des présentations Powerpoint».

Pourquoi avoir choisi ce thème d’étude? «Conduite bienveillante, rendre les gens heureux, exiger tout en aidant, énoncer clairement nos feedbacks, tout cela semble assez facile à réaliser et, pourtant, au quotidien, la réalité est parfois toute autre. Confronté à diverses difficultés et notamment à celle d’obtenir des résultats rapidement, le manager néglige cette philosophie, croyant ainsi être plus efficace. L’objectif de mon travail consiste donc à fournir quelques recommandations afin que mes collègues soient convaincus que la mise en œuvre d’outils spécifiques de conduite bienveillante leur apportera davantage de succès.» Des ateliers et des actions de coaching spécifiques ou la création d’indices de bien-être constituent des pistes à explorer.

Des indices de bien-être

Des exemples de questions à poser régulièrement aux collaborateurs pour obtenir un indice de bien-être? «As-tu reçu un compliment de ton supérieur durant ces quatre dernières semaines?», «Ton supérieur t’a-t-il fait confiance ces quatre dernières semaines?» ou «As-tu le sentiment que la communication de ton supérieur était bienveillante à ton égard ces derniers temps?». Albert-Henri Chabloz cite aussi Gaël Chatelain dans son étude. Celui-ci fournit d’autres conseils simples pour les managers afin qu’ils adoptent une conduite bienveillante: proposer plutôt qu’imposer, écouter plutôt que parler, diriger plutôt que «copiner», développer plutôt que sanctionner, sourire plutôt que faire la tête, assumer plutôt que dissimuler, autrement dit, dans ce dernier cas, «donner des feedbacks clairs, assumer ses choix, mais les expliquer, ne pas être gentil, mais faire preuve de psychologie et de respect».

Denis Migeon, consultant en management et référent «management et gestion de projet» du pôle de compétitivité français de la Cosmetic Valley, premier centre mondial de ressources de la parfumerie cosmétique en matière de savoir-faire, de recherche et de formation, vient lui aussi de sortir un ouvrage consacré à la bienveillance en entreprise, publié par la maison d’édition Maxima. Son «petit digest de philo à l’usage du monde professionnel» parle de sujets comme l’empathie, l’écoute, l’idée de justice, l’exemplarité, la confiance ou la résilience. «J’ai essayé de dresser le portrait d’un philo-manager en recherche permanente de sens que je perçois comme de plus en plus indispensable dans le management d’entreprise», dit l’auteur. Son ouvrage, qui se veut une vraie «boîte à outils» concrète pour les décideurs, est le «fruit de rencontres professionnelles avec de nombreux cadres et dirigeants en mal de repères». Denis Migeon rêve, comme beaucoup de professionnels du bonheur au travail, que «la philosophie, cet outil de sagesse du manager, cet instrument stoïcien, analytique, profond et influent, permette de poser les valises, de prendre enfin du recul, de réinventer un management humaniste, épanouissant et durable dans une vraie convergence avec les intérêts bien compris du monde de l’entreprise».

Denis Migeon, «Bienveillance, éthique et empathie en entreprise – Petit digest de philo à l’usage du monde professionnel», Maxima, 2018.

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