Julia Schmale, EPFL Valais Wallis : « J’aime les régions polaires,… »

Julia Schmale dirige le Laboratoire de recherches en environnements extrêmes de l’EPFL Valais Wallis, à Sion.

Quand j’étais enfant, je rêvais de…

… passer du temps dehors. J’ai grandi dans le nord-ouest de l’Allemagne, la maison de ma famille était située à proximité de champs, d’une forêt et d’une rivière. J’ai passé beaucoup de temps à y jouer. Je me disais que, une fois adulte, je voudrais travailler en extérieur. Puis j’ai pris conscience des menaces qui pèsent sur la nature, notamment le changement climatique. Cela m’a amenée à m’orienter vers des études d’ingénieure en environnement.

Finalement, je suis devenue…

… chimiste de l’atmosphère. Pour moi, l’atmosphère symbolise le caractère global de la protection de l’environnement. On ne la voit pas, et pourtant elle est partout. Nous n’en avons qu’une, elle connecte toutes les personnes et tous les lieux de notre planète. Des substances que nous émettons dans l’air à Sion peuvent avoir un impact à des milliers de kilomètres de là. Durant ma thèse, j’ai effectué des expériences au Groenland. Nous faisions des mesures à bord d’un avion, pour voir de quelle manière les polluants sont transportés des moyennes latitudes vers l’Arctique. C’est à cette occasion que j’ai développé une fascination pour les régions polaires. Les paysages sont tellement beaux, tellement purs. Il y a très peu de présence humaine, alors que presque partout ailleurs sur Terre, notre empreinte est clairement perceptible. Ce qui me plaît aussi dans ces régions, c’est leur environnement exigeant. Il y a les tempêtes, le froid, les coups de soleil… Cette combinaison d’aventure et de sciences en fait des lieux très intéressants pour la recherche.

Mon travail est d’actualité, parce que…

… mes recherches portent sur les aérosols, ces particules présentes dans l’air qui interviennent dans la formation des nuages. J’aimerais comprendre quelle est l’influence de l’humain sur ces aérosols, afin de pouvoir affiner les modèles climatiques en Arctique, où le réchauffement est deux à trois fois plus prononcé qu’ailleurs. Pour cela, j’ai participé l’année dernière avec mon équipe à la mission internationale de recherche Mosaic. J’ai pris place à bord d’un navire qui s’est laissé piéger dans les glaces du Grand Nord. L’idée était de passer une année sur place pour observer l’évolution des processus environnementaux au fil des saisons. Les régions de hautes latitudes et celles de hautes altitudes sont aux avant-postes du changement climatique. Pour anticiper les transformations à venir, il faut mettre tous les savoirs scientifiques en commun. C’est ce que nous tâchons de faire au nouveau pôle de recherche sur l’environnement alpin et polaire de l’EPFL à Sion, Alpole, où, dans un an, un nouveau bâtiment accueillera six groupes de chercheurs se consacrant à ces milieux.

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