Le groupe Swatch enregistre la première perte annuelle de son histoire

Le groupe horloger Swatch a annoncé jeudi sa première perte annuelle depuis ses débuts il y a près de 40 ans, alors que l’épidémie de coronavirus affecte la demande dans le secteur du luxe. Le trou atteint 53 millions de francs.

Il s’agit de sa première perte depuis 1983, l’année de la création de Swatch Group sous sa forme actuelle et du lancement de la montre en plastique Swatch. Les ventes ont diminué de 32,1% à 5,6 milliards, soit un repli de 28,7% hors effets de change, a précisé le groupe jeudi dans un communiqué. Cette baisse est plus importante que celle de 22% subie par l’industrie horlogère suisse dans son ensemble.

En 2020, le bénéfice opérationnel (Ebit) s’est établi à 52 millions après 1,02 milliard et la marge afférente est de 0,9% contre 12,4% en 2019. En excluant le secteur d’activité Calvin Klein qui va être abandonné, l’Ebit est de 99 millions. L’année passée, le bénéfice net s’était élevé à 748 millions.

Mesures de confinement

Les mesures de confinement qui ont imposé la fermeture des magasins et réduit considérablement les voyages internationaux ont pesé sur les revenus de la société basée à Bienne, qui vend également des montres Tissot, Longines et Omega.

Comme d’autres horlogers, Swatch Group a aussi été touché par les troubles politiques à Hong Kong, qui ont nettement réduit le nombre de touristes chinois présents dans l’île au cours de l’année.

Contrairement à Richemont, qui a compensé la baisse des ventes de montres par une forte demande de bijoux lors de la période de Noël, Swatch Group ne peut pas se replier sur une activité de joaillerie. De plus, ses marques Swatch et Tissot d’entrée de gamme sont vulnérables à la concurrence des montres intelligentes comme celle fabriquée par Apple.

Dividende en baisse

Le conseil d’administration proposera un dividende en baisse à 3,50 francs contre 5,50 francs, a annoncé l’entreprise.

A l’exception du dividende, les résultats publiés sont tous inférieurs au consensus AWP. Les analystes consultés anticipaient en moyenne un bénéfice net de 14 millions.

Toutefois, Swatch, connu pour sa vision optimiste du marché, a signalé des signes de reprise. La Chine, le plus grand marché mondial pour les montres de luxe, a connu une croissance à deux chiffres au second semestre 2020, tandis que les Etats-Unis ont vu leurs ventes atteindre des niveaux pré-pandémie en décembre, a déclaré le groupe.

Nette amélioration attendue

« Pour 2021, le groupe prévoit que les ventes en devises locales ont de bonnes chances de se rapprocher de celles de 2019, avec des marges nettement améliorées », précise-t-il. « La direction du groupe anticipe un fort rattrapage de la consommation mondiale de montres et de bijoux en 2021, comme cela a déjà été observé en Chine continentale après la normalisation de la situation sanitaire ».

« Nous prévoyons également un redressement en 2021, mais nous considérons ces perspectives comme très optimistes », a déclaré René Weber, analyste à la Banque Vontobel.

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