Le marché noir de faux tests négatifs au Covid-19 inquiète les autorités suisses

Les autorités suisses et européennes constatent l’émergence d’un marché illégal, passible de sanctions pénales. Depuis que les tests négatifs au Covid-19 sont devenus nécessaires pour voyager, les douanes ont intercepté plusieurs faux certificats.

Depuis ce lundi, les passagers aériens ne peuvent plus entrer sur le territoire suisse sans présenter un certificat de test PCR négatif au Covid-19 datant de moins de 72 heures. Y compris ceux en provenance de pays ne présentant pas un risque élevé d’infection.

Ce document incontournable est très vite devenu l’objet d’un marché noir, qui ne fait que débuter. L’agence européenne de police criminelle Europol a tiré la sonnette d’alarme la semaine dernière.

En Suisse, l’Office fédéral de la police a confirmé à la RTS que de faux documents ont été interceptés ces dernières semaines à la frontière, dans les aéroports et les lignes internationales de train et de bus.

Essentiellement sur les réseaux sociaux

La direction de l’Administration fédérale des douanes se prépare à renforcer les contrôles: « Nous avons des collaborateurs qualifiés en falsification de documents, des personnes ont été spécialement formées et savent où regarder pour identifier un faux document. Nous essayons également de récolter des informations dans notre réseau international », a affirmé mardi Christian Bock, directeur de l’Administration fédérale des douanes, lors d’un point presse.

C’est essentiellement sur les réseaux sociaux que ces faux certificats se vendent le mieux. Les offres se bousculent en ligne et les tarifs vont d’une dizaine à plusieurs centaines de francs.

Infraction pénale

La démarche semble aisée, mais ce marché illégal n’est pas sans risque. Le contrevenant, qu’il soit acheteur ou vendeur, en gardera une trace dans son casier judiciaire. Car la vente ou l’achat d’un faux certificat de test négatif au Covid-19 relève d’une infraction pénale.

« Tant celui qui va fabriquer le document falsifié que celui qui va l’utiliser sont tous les deux auteurs de faux dans les titres. La peine théorique encourue pour une infraction comme celle-ci est comprise entre 3 jours-amende et 5 ans de prison », affirme Yvan Jeanneret, professeur de droit pénal à l’Université de Genève (UNIGE).

Evidemment, on peut imaginer que celui qui fabrique et commercialise ces faux certificats sera certainement puni plus sévèrement que celui qui, le cas échéant, n’a fait que les utiliser.

De leur côté, les laboratoires ont engagé une réflexion pour sécuriser les certificats de tests au Covid trop facilement falsifiables. Mais le coût et la coordination internationale que cela impliquerait bloque encore une éventuelle modification des documents.

Estelle Braconnier/fme

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