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Le Moyen-Orient a servi de relais aux banques privées suisses

Économie : Le Moyen-Orient a servi de relais aux banques privées suisses |

Attention, on parle là en milliers de milliards de francs. Selon le Boston Consulting Group, la Suisse, avec ses quelque 2500 milliards de francs, reste numéro un mondial en matière de gestion de fortune privée transfrontalière, avec une part de marché de 26,6%. «Avec la fin du secret bancaire puis de l’échange automatique d’informations, d’aucuns avaient promis à la place financière suisse de perdre tous ses moyens, a affirmé mardi Yves Mirabaud, président de la Fondation Genève place financière (FGPF). On le voit pourtant. La Suisse et Genève ont bien résisté.

Une gestion de 2500 milliards de francs

Combien Genève détient-elle de cette manne? Les statistiques de la Banque nationale suisse ne le disent pas. Mais le montant de 800 milliards de francs (soit un tiers du montant global face à Zurich) ne semble pas irréaliste. Et pour cause. Comme le révèle la dernière enquête conjoncturelle de la Fondation Genève place financière, le Moyen-Orient est le premier fournisseur d’argent frais des banques lémaniques. Suivent, derrière, l’Asie et l’Amérique du Sud.

Les Européens, à titre individuel, restent de bons clients pour Genève, «mais il clair, ajoute Yves Mirabaud, que les obstacles réglementaires, y compris en Suisse, ont rendu les choses plus compliquées». En la matière, les grandes banques privées, dont Pictet ou Lombard Odier, n’ont pas attendu que la Suisse parvienne à un accord sur l’accès libre au marché financier européen. Ces banques-là se sont installées dans l’Union européenne depuis des années.

Les fonds en Suisse, les emplois à l’étranger

«Mais, faute de cet accord avec Bruxelles, les emplois sont créés hors de la Suisse, alors que les affaires progressent», dénonce Édouard Cuendet, directeur de FGPF. Les fortunes privées de l’étranger continuent donc à affluer, mais, comme l’affirme encore Yves Mirabaud, «la place financière de Genève retient son souffle». Les bénéfices de toutes les banques sondées vont être en recul en 2019 et il sera encore de même l’an prochain. Tout coûte, en effet, très cher désormais: l’informatique, les services juridiques et la formation continue des salariés.

Créé: 08.10.2019, 21h00

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