Le pétrole retrouve son niveau d’avant la pandémie

En franchissant le seuil des 70 dollars, avant de se replier légèrement, le pétrole a retrouvé son niveau d’avant-crise, dopé par les limitations volontaires de production de l’OPEP, et par des attaques contre les installations pétrolières d’Arabie saoudite.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai a culminé à 71,38 dollars en cours de séance asiatique, à son plus haut depuis le 8 janvier 2020. Il s’est ensuite replié pour terminer en retrait de 1,61% ou 1,12 dollar à 68,24 dollars par rapport à la clôture de vendredi. Le baril américain de WTI pour avril a lâché 1,57% ou 1,04 dollar à 65,05 dollars.

Pour la première fois depuis un an, le pétrole a donc retrouvé son niveau d’avant la pandémie. Une période durant laquelle le baril était descendu jusqu’à 12 dollars en raison de l’effondrement de la demande provoquée par les mesures de confinement.

Accord de l’OPEP pour réduire les exportations

Avant l’été, pour faire remonter les cours, les grands pays pétroliers s’étaient mis d’accord, non sans mal, pour réduire massivement leurs exportations. Cette stratégie s’était révélée payante. Raison pour laquelle l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) l’a renouvelée ces derniers jours.

« On a eu un accord le 4 mars dernier qui a renforcé cet accord », explique Guy Maisonnier, expert de l’institut de recherche IFP Energies nouvelles (Ifpen). « Cela, c’est le premier élément de la gestion de l’offre. Et le deuxième élément, c’est la hausse de la demande. On a une reprise économique et donc une hausse de la demande assez forte depuis le troisième trimestre 2020. Ce sont ces deux facteurs qui expliquent la hausse du prix du pétrole. »

En fermant le robinet à pétrole, les grands pays producteurs ont largement contribué à la hausse des cours. Des cours qui devraient se maintenir durablement à la hausse, tant que la production d’or noir reste contenue, comme l’explique Laurent Horvath, géo-économiste des énergies.

« On s’aperçoit en fait que tout le pétrole de schiste a disparu. Beaucoup d’acteurs sont partis, c’est ce qui nous permettait d’avoir un pétrole bon marché. Il nous reste du pétrole en quantité limitée et en plus l’OPEP maintient ses quotas, donc tout porte à croire que le prix du pétrole va augmenter dans les prochains mois. »

Impact perceptible en Suisse

En Suisse, l’impact est perceptible. Même si le prix de l’essence dépend de taxes incompressibles, le litre de Sans-Plomb 95 est fortement remonté, revenant ainsi quasiment à son niveau d’avant la pandémie.

Les récentes attaques yéménites sur les installations saoudiennes n’ont fait que légèrement renchérir le prix du baril, qui était déjà au plus haut depuis la réunion de l’OPEP de jeudi dernier. De l’avis des experts interrogés, c’est un épiphénomène sur le cours du baril.

Virginie Langerock/fgn

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