Économie : Le rachat d'UPC par Sunrise s'éloigne encore |

Le rachat d’UPC par Sunrise s’éloigne encore

Économie : Le rachat d'UPC par Sunrise s'éloigne encore |

«Ah, vous êtes abonné chez UPC? Savez-vous qu’au 1er novembre, ce ne sera plus qu’une seule entreprise et que si vous passez maintenant chez Sunrise, on peut vous faire des rabais jusqu’à 55%? Décidez-vous vite, car cette offre est limitée dans le temps». On a beau objecter que le rachat n’est pas encore réalisé et qu’il ne le serait peut-être jamais, le vendeur Sunrise est imperturbable: «Aucun souci. Il en sera ainsi au 1er novembre prochain».

Le site de l’opérateur télécom, numéro deux en Suisse après Swisscom, nous affirme même que la fibre optique est disponible à notre domicile. Dès lors, fusion ou pas, tous ses services «quadruple play» (téléphonie fixe, téléphonie mobile, internet et télévision) nous serons accessibles. Et Sunrise, grâce à une campagne marketing offensive, aura acquis un nouveau client sur ce qui n’en est pas moins qu’une éventualité.

«Trop cher»

Le 23 octobre prochain, lors d’une assemblée générale extraordinaire, les actionnaires de Sunrise devront en effet dire s’ils acceptent cette transaction au prix de 6,3 milliards de francs. Or, trois d’entre eux ont déjà exprimé leur opposition. Obtiendront-ils la majorité simple, requise pour cette acquisition? Le suspense reste entier.

Mais le chef de file des «Neinsager» n’est autre que le principal actionnaire de Sunrise, l’opérateur télécoms allemand Freenet, qui détient 24,5% du capital-actions. «Le prix d’achat est trop élevé et les conditions de transactions sont très déséquilibrées et désavantageuses pour l’ensemble des actionnaires actuels de Sunrise», assène ainsi le CEO de Freenet Christoph Vilanek. En clair, et au-delà de la simple approche financière, l’investisseur allemand estime que la technologie du câble, le cœur d’affaires d’UPC, est dépassée.

La 5G plutôt que le câble?

Très vite, Freenet a reçu le soutien de l’investisseur activiste allemand, Active Ownership Capital (AOC), qui juge, lui aussi, le prix de 6,3 milliards de francs «surévalué de 2 à 2,5 milliards de francs au moins»! Ce week-end, Freenet a reçu le soutien d’un autre actionnaire de référence, le groupe financier luxembourgeois Axxion. «La valorisation pour le groupe UPC structurellement affaibli est trop haute, dénonce-t-il dans un communiqué diffusé tôt dimanche. Sunrise sera, en Suisse, le grand gagnant avec la 5G et UPC, le grand perdant avec le câble».

Ensemble, ces deux nouveaux opposants (AOC et Axxion) pèsent entre 4 et 6% du capital de Sunrise. Avec Freenet, ce serait donc près de 30% des votes négatifs qui seraient réunis lors de l’assemblée générale du 23 octobre prochain. Or, estime le cofondateur d’Avion, Florian Schuhbauer, «seuls 65 à 75% des droits de vote devraient y être représentés. Dès lors, si 40% des voix s’expriment contre la transaction, cela suffira».

Créé: 06.10.2019, 21h40

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