Genève : Le racisme anti-noir augmente à Genève |

Le racisme anti-noir augmente à Genève

Genève : Le racisme anti-noir augmente à Genève |

«On observe une nette augmentation du racisme anti-noir pour 2018, suivi par le racisme anti-arabe. Par contre nous observons une nette baisse pour la xénophobie.» Telle est la principale observation du rapport annuel du Centre Écoute contre le Racisme de Genève qui vient d’être publié. Le Centre a écouté, accueilli et conseillé 55 personnes, ce qui représente à peine un peu plus de la moitié de cas enregistrés en 2017. Pour 2018, on observe à nouveau que les ressortissants de nationalité ou d’origine d’Afrique subsaharienne et d’Afrique du Nord représentent une grande partie des cas traités. On observe une certaine stabilité pour les ressortissants de l’Union européenne, de même pour les ressortissants d’Amérique latine et par contre pas de cas recensé de personne provenant de pays d’Asie. Pour les Suisses (21 personnes) et les ressortissant de l’Union européenne ou de l’AELE (L’Islande, le Liechtenstein, la Norvège) soit 10 personnes, la majeure partie d’entre eux (28 personnes sur 31) ont une origine extraeuropéenne, qui les fait identifier notamment soit par la couleur de leur peau, soit par leur nom et c’est précisément ce qui les amène à consulter le Centre. «Ceci démontre encore que les mentalités peinent à intégrer qu’une personne peut être suisse et non blanche ou avoir un nom de famille à consonance étrangère», notent les auteurs du rapport.

C’est dans l’espace public que des invectives verbales et des agressions verbales ou physiques sur les personnes sont les plus nombreuses. Mais des cas de contrôles abusifs dans les transports publics par exemple et encore des propos racistes sur les réseaux sociaux sont également signalés. Les domaines de l’administration (municipale, cantonale ou fédérale), qui comprennent l’école, les lieux de formation, la police, les douanes et les agents des CFF, compilent 17 cas. L’école représente quand même plus de 9 % des cas enregistrés. «Ces administrations donnent bel et bien la possibilité de faire une réclamation par courriel, cependant le Centre conseille aux personnes de rédiger un courrier écrit. Les chances de réponses seront plus élevées, sachant qu’au bas de ces courrier il est aussi noté que copie de celui-ci est faite au Centre-Ecoute contre le racisme, voir même à la Commission fédérale contre le racisme.», commente le rapport.

Dans son rapport, le Centre explique la baisse du nombre de cas rapportés par l’arrêt de la campagne de diffusion du spot d’information sur le Centre sur les écrans des véhicules des Transports publics genevois (TPG) en 2018. Le canton de Genève ne recense pas pour 2018 le plus grand nombre de cas comparativement aux autres permanences/centres d’écoute suisses. En effet, le nombre total des cas recensés par le Centre Écoute contre le racisme du canton de Genève représente 0.34 % de l’ensemble des cas enregistrés et retenus dans la base d’analyse des données de documentation et de monitorage des incidents racistes du réseau suisse DoSyRa. Alerté majoritairement par téléphone ou par courriel, le Centre Écoute reçoit aussi quelques personnes dans ses locaux. La majeure partie des personnes prennent connaissance du Centre par le biais d’internet. Le site du Centre (www.ecoutecontreleracisme.ch) apparaît en effet dans les premiers résultats du moteur de recherche avec les mots clés «racisme Genève».

Pour ce qui est de la tranche d’âge des moins de 17 ans, le plus souvent ce sont les parents qui contactent le Centre. C’est pour cela que l’association souhaite que dans tous les établissements scolaires et d’apprentissage du canton des affiches d’information sur le CentreEcoute contre le Racisme soient apposées, de même que soit mis à disposition par exemple dans les secrétariats des établissements, des dépliants du Centre, à l’intention tant des élèves que des enseignants qui subissent des discriminations basées (en tout cas en partie) sur l’appartenance ethnique, nationale ou religieuse. «Cependant, le Secrétariat général du DIP travaillerait sur les questions plus larges de maltraitance et de violence et aurait l’intention de réaliser une brochure avec toutes les informations nécessaires, brochure dans laquelle le Centre devrait être cité avec les informations de contact», note le rapport.

Ce centre est géré par une Coordination genevoise constituée en 2011 et géré par cinq organisations antiracistes.

Créé: 23.09.2019, 18h39

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