Les arriérés de paiements sont en nette hausse avec la pandémie

La crise liée à la pandémie met en difficulté financière de nombreux ménages, mais fait aussi grimper les dettes des personnes les plus précaires. Chez Caritas, les demandes d’aide pour désendettement ont augmenté de 50% en une année.

En Suisse pas loin de 700’000 personnes vivent dans un ménage confronté à des arriérés de paiements. Les premiers concernés sont les salariés à revenus modestes, les ménages monoparentaux, les familles nombreuses et les personnes issues de la migration.

Et depuis un an, les services de Dettes Conseil, organisme affilié à Caritas, reçoivent une forte hausse du nombre d’appels. Il s’agit souvent de personnes qui, parce qu’elles ont vu leur revenu chuter brutalement, y font appel pour la première fois et pour des dettes courantes.

Impôts et primes maladie en tête

« Si on parle d’arriérés de paiements, ce qui arrive en tête ce sont les impôts et les caisses maladie », explique le chargé de communication de Caritas Fabrice Boulé lundi dans La Matinale de la RTS. « Ensuite, cela peut être le crédit privé: crédit à la consommation, leasing… »

Car le crédit privé n’est pas – et de loin – la première cause de surendettement aujourd’hui. Les particuliers en difficulté se savent moins solvables et y font donc moins appel. Certains organismes ont du reste préféré restreindre d’eux-mêmes l’accès au crédit pour limiter les risques de ne pas être remboursés. C’est le cas notamment de la banque Migros, où les crédits individuels ont ainsi baissé de 4% au premier semestre 2020.

>> Ecouter aussi l’interview de Fabrice Boulé dans La Matinale:

Avec le Covid, l’endettement flambe en Suisse. Interview de Fabrice Boulé, responsable communication Caritas / La Matinale / 49 sec. / lundi à 06:00

Une conséquence des RHT

« Nous avons durci les critères pour les crédits privés l’année dernière. Nous avons voulu protéger ainsi surtout les personnes avec une réduction de l’horaire de travail », explique le porte-parole de l’établissement Urs Aeberli.

Ce sont ces salariés en RHT qui, en cas de difficultés passagères, se tournent vers des associations. Dettes Conseil, par exemple, fournit de plus en plus d’aide directe pour permettre aux particuliers de régler leurs factures impayées.

Virginie Langerock/oang

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