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Les boîtes d’échange tissent du lien social

Genève : Les boîtes d’échange tissent du lien social |

À Carouge, une cinquième boîte d’échange entre voisins vient d’être installée, à la rue du Vieux-Canal. Une boîte d’échange? En réalité, une sorte de caissette à journaux dans laquelle on peut déposer ou prendre toutes sortes d’objets ou de livres que l’on veut partager.

La nouvelle venue dans la Cité sarde a été joyeusement décorée par les élèves du parascolaire de l’école Jacques-Dalphin. Elle fait désormais partie de la cinquantaine de boîtes disséminées dans le canton. Signe d’un engouement tenace envers le concept depuis son apparition, au mois de septembre, elle ne désemplit pas d’objets ou de livres hétéroclites. Après une vérification rapide sur deux jours, on a vu trois bandes dessinées et de nombreux CD disparaître, remplacés par quatre livres, deux boîtes de jeux et des tasses pour enfants. Le système semble donc fonctionner, et pas seulement à Carouge.

À Champel, entre l’avenue Dumas et le chemin des Clochettes, une boîte de ce type existe depuis belle lurette. Heinz Gribi, un habitant du quartier, s’en félicite, lui qui se plaît à chiner à la recherche de la perle rare. «J’y ai déjà trouvé deux ou trois livres qui m’intéressaient, notamment des auteurs suisses et un ouvrage sur La Neuveville avec l’armée de Napoléon. Me rendre à cet endroit, c’est l’occasion de lire et de discuter avec des gens, de voir ce qui se passe. Cette boîte de partage m’a aidé à faire des contacts. Une fois, je suis même tombé sur un littéraire passionné.»

Déplacement à Champel

L’habitant de Champel regrette toutefois que l’installation ait été déplacée de deux cents mètres, parce que des gens y déposaient des objets encombrants, ce qui n’est évidemment pas le but de ces réceptacles.

«Avant, la boîte était située dans un lieu tout à fait sécurisé. Aujourd’hui, elle se trouve dans les bois, dans un lieu bien moins sûr. Si on est absorbé par la lecture, on peut tout à fait se faire voler son sac. Maintenant l’endroit se prête au hold-up! Cela fonctionnait pourtant bien avant, même avec quelques objets encombrants.»

Jean-Daniel Conus, responsable de l’association Tako qui fait partie de HappyCity Lab, à l’origine du projet, répond à cet habitant: «La boîte de Champel a été déplacée une deuxième fois, afin d’essayer de trouver un emplacement plus adéquat et s’assurer que son utilisation ne soit pas abusive, comme cela a pu être le cas. Nous insistons sur le fait que les boîtes servent à échanger des objets qui peuvent y être disposés et rappelons que d’autres services (Voirie, associations caritatives) peuvent récolter les objets plus encombrants.»

En effet, l’initiative étant essentiellement citoyenne, il est important que chacun se sente impliqué et respecte les règles d’usage. Quant au déplacement d’une boîte d’échange, la décision d’y procéder se prend entre l’association et le Service de la sécurité et domaine public, qui délivre les autorisations pour leur mise en place. «Mais cela reste rare sur le nombre total de boîtes en place», assure Jean-Daniel Conus.

Reste que la majorité des retours est plus que positive. Si les initiateurs du projet redoutaient que l’on retrouve dans ces boîtes une foison de manuels d’informatique en russe ou de DVD en coréen, l’expérience démontre que ce n’est pas forcément le cas.

«Nous avons beaucoup d’anecdotes sur les divers objets amenés ou découverts dans les boîtes, parfois insolites, drôles, utiles, ainsi que sur les personnes rencontrées et les échanges effectués autour des boîtes, raconte Jean-Daniel Conus. Nous le constatons également lors de nos visites pour les contrôles ou petites réparations. Il est toujours agréable d’entendre ces petites histoires sur la vie des boîtes, qui nous laissent croire en leur utilité dans la vie d’un quartier, en lien direct avec les habitations et les habitants.»

De nouvelles boîtes

Cerise sur le gâteau, la Commune de Plan-les-Ouates va mettre en place et inaugurer une nouvelle boîte la semaine prochaine. L’esprit de recyclage, donner une nouvelle vie aux objets et ne pas jeter, étant plus que jamais dans l’air du temps, d’autres boîtes ou initiatives similaires (boîtes à livres, cabines téléphoniques recyclées) ne sauraient tarder à se mettre en place.

Plus d’infos sur le site www.hclbox.org, qui répertorie toutes les boîtes et initiatives connues.

Créé: 08.10.2019, 07h01

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