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Les entreprises de nettoyage, victimes méconnues du Covid-19

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Contrairement à une idée répandue, le secteur a énormément souffert des mesures sanitaires prises pour lutter contre la pandémie. Ses entreprises ont vu une grande partie de leur chiffre d’affaires s’évaporer, presque du jour au lendemain.

«Vous êtes dans le nettoyage? Avec la crise sanitaire, les affaires ont dû bien marcher!» Nombreux sont les patrons du secteur à avoir entendu des commentaires de ce type. Et pourtant, la réalité est à l’opposé. Les entreprises de nettoyage ont connu une baisse brusque et massive de leur chiffre d’affaires environ deux semaines après l’annonce des mesures de semi-confinement par le Conseil fédéral, le 13 mars. La plupart n’auraient sans doute pas survécu sans les aides publiques. «La perte va de 30% à 80%, voire à 90% du chiffre d’affaires selon les entreprises», estime Pascal Raemy, président de l’Association genevoise des entreprises en nettoyage et services (AGENS). L’ampleur de la baisse dépend beaucoup de la nature des mandats et des clients. Les régies d’immeubles d’habitation ont continué à avoir recours aux entreprises spécialisées. «Elles nous ont demandé de désinfecter à chaque passage», raconte Pascal Masson, administrateur de la société Orgapropre et membre du comité de l’AGENS. «Et même de nous assurer que les personnes âgées se portaient bien. Elles ont beaucoup mis l’accent sur l’aspect humain.» Les entreprises actives dans le nettoyage industriel ont essuyé des pertes comparativement limitées, ainsi que celles travaillant surtout pour les collectivités publiques. Celles qui nettoient beaucoup de commerces et de bureaux ont en revanche beaucoup souffert, avec la fermeture des uns et la généralisation du télétravail chez beaucoup d’autres. Quant aux entreprises travaillant pour les hôtels, elles ont perdu pratiquement tout leur travail.

Modèle d’affaires

Le modèle d’affaires des entreprises de nettoyage devrait pourtant les protéger de tels aléas. La plus grande partie de leur activité vient en effet de contrats signés pour une certaine durée, souvent un an, parfois trois ou cinq ans. Le client est en principe tenu de payer les services jusqu’à la fin du contrat. La pandémie a cependant tout bouleversé. De nombreuses entreprises ont fermé ou sensiblement réduit leurs activités dans leurs locaux, leurs employés étant en télétravail. «On nous a demandé de passer une ou deux fois par semaine au lieu de cinq», note Pascal Masson. Dans d’autres cas, les interventions ont totalement cessé. Cela a notamment été le cas des nettoyages de chantier. Même si le cas n’était pas prévu dans le contrat, les clients ont diminué leurs paiements proportionnellement à la baisse de prestations ou les ont cessés quand celles-ci ont été interrompues. Juridiquement, il n’est pas certain qu’ils aient le droit de le faire, mais les entreprises de nettoyage ne sont pas en mesure de se défendre sur ce plan. Aller en justice coûte extrêmement cher, prend beaucoup de temps pour un résultat toujours incertain. Se lancer dans une telle démarche aboutirait en outre presque certainement à perdre le client au terme du contrat.

L’humeur n’est d’ailleurs pas à la bagarre. «Beaucoup de nos clients sont aussi en mode survie », remarque Pascal Raemy. Le secteur a donc privilégié le dialogue. La réponse des clients a varié. «Certains ont été très ouverts. L’un d’eux m’a même dit qu’il appréciait que ses clients soient compréhensifs, et qu’il allait donc également l’être», ajoute le président. «Mais je dirais que dans environ trois quarts des cas, les discussions n’ont mené à rien.»

Fond du trou

Le fond du trou a été atteint en avril. Depuis, avec les assouplissements des mesures de confinement, certains contrats ont repris à un niveau identique à ce qu’ils étaient avant la crise. Mais ce n’est pas le cas de tous. Des entreprises ont continué à privilégier le télétravail, certaines n’ont pas encore rouvert. «Par rapport à l’avant-crise, le volume de travail d’Orgapropre est maintenant inférieur de 20%», juge Pascal Masson. Pour les entreprises travaillant dans des secteurs sinistrés, comme l’hôtellerie, la reprise a cependant été moindre, voire inexistante.

Les nouvelles exigences en matière de désinfection n’ont-elles pas permis de compenser la baisse d’activité? «Non», répond Pascal Masson. «Beaucoup de clients nous ont demandé de diminuer le nettoyage et d’augmenter la désinfection; nous n’y gagnons donc rien.» Ce n’est que si les prestations restent identiques et qu’on y ajoute la désinfection que l’entreprise de nettoyage accroît sa facturation, mais il s’agit de l’exception plutôt que de la règle. Beaucoup d’entreprises traversent une passe très difficile et coupent les coûts partout où elles le peuvent. Or, le nettoyage est considéré comme une source potentielle d’économie. Pour passer ce cap, le secteur a abondamment eu recours aux aides publiques. De nombreux travailleurs ont été mis au chômage partiel. «Mais comme la Confédération n’a pas exigé que nous fermions, dans un premier temps, le Secrétariat d’Etat à l’économie a considéré que nous n’y avions pas droit», raconte Pascal Raemy. «Les organisations de branche romandes et alémaniques ont donc dû intervenir ensemble pour lui expliquer la situation. Elles l’ont rendu attentif au fait que si leurs membres ne pouvaient pas toucher le chômage partiel, ils risquaient de devoir procéder à des licenciements massifs.» Berne s’est rendu à cet argument. «Je pense que la Confédération, ne disposant pas de précédent sur lequel s’appuyer, nous avait tout simplement oubliés», suppute Pascal Masson. A Genève, la mise en oeuvre s’est d’ailleurs bien passée. «L’administration a été très compréhensive et les réponses aux dossiers correctement remplis a été très rapide», raconte Pascal Raemy.

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Crédits-relais

Les charges salariales ne représentent toutefois qu’une part des coûts fixes des employeurs. Ils en ont d’autres comme les loyers, les investissements en matériel, etc. «Or, très peu d’entre nous avaient une trésorerie permettant de tenir deux ou trois mois», observe Pascal Raemy. Les crédit-relais accordés par la Confédération sont donc tombés à point. «Je pense que toutes les entreprises du secteur en ont contractés», lance Pascal Masson. «Nous existons depuis trente ans et avons abordé la crise avec un carnet de commandes plein à craquer. Mais nous sommes une société familiale, sans actionnaires. Sans ce crédit, je ne pense pas que nous aurions survécu.» Qui dit crédits dit remboursement. Dans un secteur où les marges sont faibles, il sera difficile de les rembourser, et encore plus si le taux d’intérêt, garanti à zéro uniquement la première année, devait remonter. «Cinq ans sont vite passé», relève Pascal Masson. D’autant plus que les mesures sanitaires que les entreprises ont dû prendre engendrent des coûts supplémentaires très difficiles à répercuter dans un secteur particulièrement concurrentiel. Qui tente d’augmenter ses prix risque de se faire évincer par un concurrent qui ne le fait pas.

Comme leurs clients, les entreprises de nettoyage sont donc maintenant obligées de compter le moindre franc. «J’ai demandé à mes fournisseurs de faire un geste, ce que je n’avais jamais fait auparavant», raconte Pascal Masson. «Certains sont entrés en matière, d’autres non.» La relation avec les uns en est sortie renforcée, celle avec les autres affaiblie. L’avenir s’annonce donc difficile. Le retour à une certaine normalité pourrait être suivi d’un retour de bâton. La crise économique qui s’annonce pourrait en effet pousser de nombreuses entreprises à la faillite. Ce sera autant de clients perdus pour le secteur du nettoyage. De plus, «nous avons tous de nombreuses factures ouvertes», remarque Pascal Masson. «Si un client fait faillite, nous pouvons nous retrouver avec des impayés.» Le secteur n’est donc pas tiré d’affaire. Et une deuxième vague pourrait créer des dégâts considérables.

Survivre

Au vu des faibles marges, le secteur a connu beaucoup de fusions et acquisitions ces dernières années. La vague pourrait s’accentuer. «Nous espérons un retour à la normale d’ici à un an et demi ou à deux ans», note Pascal Raemy. «Je ne pense pas que toutes les entreprises de nettoyage vont survivre jusque-là. De touts petits entrepreneurs qui avaient réalisé leur rêve de devenir indépendants pourraient être tentés de raccrocher et de chercher un emploi salarié.» Les grandes entreprises ne sont pas non plus à l’abri. «Je crois que l’élément le plus déterminant pour survivre est la relation que vous avez avec vos clients», conclut Pascal Masson. «Si vous n’êtes qu’un numéro pour eux, ils vous remplaceront sans hésiter par un autre numéro. Mais si vous êtes une personne, un partenaire, c’est beaucoup plus difficile.» A plus long terme, l’expérience de la crise pourrait pousser beaucoup d’employeurs à réduire la taille de leurs bureaux pour privilégier le télétravail, craint Pascal Raemy. Ce qui signifierait encore des prestations en moins pour les entreprises de nettoyage.

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