Les formations open source manquent de visibilité en France

Avec un marché estimé à 5,2 Md€ en 2019, et 78 000 postes à pourvoir d’ici 2023, les technologies open source jouent un rôle de plus en plus important dans l’évolution des métiers du numérique, relève une étude présentée récemment par l’Opiiec. Alors que les besoins en compétences continuent d’augmenter, l’offre de formation initiale sur le territoire français est peu ou pas connue des professionnels comme des éventuels apprenants.

Dans un rapport publié récemment, l’observatoire Opiiec a dressé un état des lieux du marché des technologies open source en France. Cette analyse a permis à l’organisme d’évaluer les besoins des entreprises et des fournisseurs pour cet environnement et d’établir un bilan des filières de formation et des compétences disponibles sur le marché du travail. Les résultats montrent que les logiciels libres jouent un rôle de plus en plus important dans l’évolution des métiers du numérique sur le territoire. Avec une croissance de 9 % enregistrée en 2019, deux fois supérieure à celle du marché IT, ce secteur pèse désormais plus de 5 milliards d’euros. Cette dynamique devrait se poursuivre jusqu’en 2023 avec 8,5% de croissance annuelle, en moyenne, prévue, 7,3 Mds d’euros de chiffre d’affaires global et un marché qui représenterait 10,3% du marché de l’IT. Le secteur qui emploie actuellement 60 000 personnes recrute de manière soutenue. 78 000 postes supplémentaires seront à pourvoir d’ici deux ans.

Or, les acteurs de l’open source rencontrent déjà des difficultés pour recruter et sont freinés dans leur croissance par cette pénurie de talents. Afin que les compétences évoluent rapidement dans ce domaine, l’offre de formation française a besoin d’être mise à jour et complétée recommande l’Opiiec  Pourtant, des progrès ont été réalisés dans l’intégration de l’open source au sein des cursus de formation même si les parcours fléchés open source restent très marginaux en formation initiale. Des écoles d’informatiques (telles que l’Epita, l’Epitech, 42, l’Esrem, ou l’Insa entre autres) ressortent notamment, ainsi que quelques établissements se distinguant par une offre de niche (diplôme spécifique, pédagogie innovante…).

Des tensions sut les profils de développeurs et datascientists 

Pour la formation continue, la typologie d’organismes de formation citée dans ce rapport est plus hétérogène. On y trouve des organismes généralistes dispensant quelques formations spécialisées, des entreprises de la branche aptes à délivrer des certifications et également des établissements de l’enseignement supérieur. Malgré ces points forts, le socle général demeure succinct et n’inclut que peu de pratique systématisée d’outils open source est souvent laissée à la discrétion de l’enseignant, qui s’en saisit ou non selon sa sensibilité/maîtrise.

Sur l’aspect recrutements, les entreprises sont donc confrontées à un marché du logiciel libre très concurrentiel qui les conduisent à pratiquer une politique de surenchère salariale. Des tensions sont constatées sur les métiers de data scientists, les développeurs ainsi que sur les consultants techniques. En conclusion, l’Opiiec propose quatre axes d’actions pour renforcer l’utilisation des logiciels libres et étoffer l’offre de formation. Ces recommandations visent à favoriser le développement de l’open source en France, renforcer la compétitivité des SSII et des éditeurs , accompagner la montée en compétences des fournisseurs et des clients dans ce domaine et apporter de la visibilité aux méthodes d’apprentissage.

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