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Les méthodes douteuses d’un syndicaliste genevois envers les femmes

Genève : Les méthodes douteuses d’un syndicaliste genevois envers les femmes |

Des avances appuyées sur le lieu de travail. Des SMS à répétition, même pendant les vacances. Des contacts physiques non désirés, en pleine réunion. Ces trois derniers mois, la «Tribune de Genève» a récolté les témoignages d’une dizaine de femmes se plaignant du comportement d’un syndicaliste genevois de premier plan. Des faits qui s’étendent sur près de dix ans.

Ces victimes, qui ont souhaité rester anonymes, sont des collègues directes, des subordonnées ou des femmes amenées à négocier avec l’intéressé. Toutes décrivent les mêmes agissements. Des invitations insistantes à des rendez-vous hors du cadre professionnel, des contacts physiques non désirés, des relances incessantes via mail ou SMS.

Touchées contre leur gré

Certaines font part de gestes clairement déplacés. C’est le cas de cette secrétaire syndicale genevoise qui explique qu’après une première rencontre avec Roger* lors d’une mobilisation en 2011, elle a reçu des mails insistants afin d’obtenir un rendez-vous en soirée, qu’elle a décliné. L’un d’eux se terminait par «Je te veux», raconte-t-elle. Elle ajoute qu’un jour, alors qu’elle le croise dans les couloirs de la Communauté genevoise d’action syndicale (CGAS), l’homme la saisit par le cou en disant, goguenard: «Méchante, qui me résiste.» Choquée et ulcérée, elle le repousse. Elle n’en parle pas à ses supérieurs: «Sans témoins de cette agression, je ne voyais pas d’issue possible. Cela aurait été ma parole contre la sienne, même si mon syndicat aurait été d’accord de me défendre.»

«Il insistait pour qu’on aille prendre un café en soirée» – Une collaboratrice des RH

Ces agissements sont visiblement loin d’être isolés, selon les témoignages recueillis: en 2012, lors d’une de ses premières journées de travail dans un syndicat genevois, une employée a également affaire à Roger. Celui-ci travaille dans le même bâtiment, mais ils se connaissent à peine. Elle se souvient: «Il est entré dans mon bureau, s’est placé derrière moi, a posé ses mains sur les accoudoirs de ma chaise et m’a proposé qu’on se rencontre en tête à tête.» Surprise et mal à l’aise, la femme l’éconduit. Mais il ne s’arrête pas là: elle indique que plus tard, dans un couloir, il l’enlace par la taille contre son gré. «Je l’ai rejeté à nouveau et en ai ensuite parlé à un collègue.»

Harcelées par SMS

Mais les collaboratrices de Roger ne sont pas les seules victimes de ses gestes déplacés. Dans les services des ressources humaines avec lesquels il négocie, son insistance a poussé une employée à vouloir porter plainte. Cette responsable dénonce un déferlement de SMS et des appels du pied en pleine réunion. «Il insistait pour qu’on aille prendre un café en soirée.» Finalement, elle accepte de fixer un rendez-vous. «Après avoir discuté quelques minutes, il a tenté de m’embrasser. Je l’ai repoussé et suis partie.»

Il continue pourtant de lui envoyer des messages, même pendant ses vacances, déplore-t-elle. «Je les montrais à mon mari. Nous ne savions plus quoi faire. J’en ai alors parlé à mon chef et à l’avocat de l’entreprise. Nous voulions déposer une plainte, mais il a changé de syndicat et ne travaillait plus avec nous. Alors, j’ai laissé tomber.»

Avances puis représailles

Avocat de son entreprise, Me Serge Fasel confirme avoir été alerté par l’employée. «Nous étions en pleines négociations syndicales. La situation était tendue. En tant que responsable des ressources humaines, ma cliente avait un rôle clé et était très exposée. Roger savait parfaitement que sa position était très délicate et qu’elle ne pouvait se permettre de rompre les discussions. Dans ce contexte, son comportement était inadmissible.» Il ajoute que la responsable tenait Roger à distance après la fameuse soirée. «Mais il était resté très virulent et l’avait clairement dans le collimateur», se souvient Me Fasel. Certaines dénoncent même des représailles de l’intéressé après avoir refusé ses avances. Comme dans le cas de cette femme, en 2015: «Son attitude a radicalement changé, explique l’employée d’un organisme géré en partie par les syndicats. Il a commencé à mépriser mon travail alors qu’auparavant, il me félicitait. Durant plusieurs années, travailler avec lui est devenu difficile. J’appréhendais ses appels, je changeais de trajet de bus et j’évitais de le croiser. Je demandais à des connaissances de m’appeler pour éviter de lui parler si je me retrouvais face à lui.»

Cette peur de croiser Roger est partagée par d’autres femmes. À l’image de l’employée des ressources humaines citée plus haut. «Cette année, il m’a recontactée par SMS. Je pensais que ce cauchemar était terminé. Mais il m’a à nouveau invitée à aller boire un café. J’ai bloqué son numéro. Depuis, j’ai peur de le croiser.»

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Même les femmes qui n’ont pas été frontalement importunées par le syndicaliste dénoncent des comportements lourds dans le contexte professionnel, qui les ont mises mal à l’aise: des tentatives de séduction récurrentes, des regards appuyés ou encore des baisemains. Un ancien employé de syndicat se souvient: «Lorsque Roger se rendait à la réception, les collaboratrices m’envoyaient un SMS pour que je vienne également, afin qu’elles ne se retrouvent pas seules avec lui car elles se sentaient mal à l’aise.»

De nombreuses femmes nous disent avoir dû mettre rapidement des distances avec le concerné dans leur cadre de travail. Certaines refusant carrément de collaborer avec lui, allant même jusqu’à quitter leur poste. C’est notamment le cas d’une secrétaire syndicale qui, après avoir fait part de ses réticences à travailler avec Roger à sa direction – qui l’avait auparavant harcelée par SMS – s’est retrouvée en arrêt maladie pendant plusieurs mois. Elle a finalement quitté son poste après avoir signé un accord de confidentialité, nous relate un autre syndicaliste.

Toutes les femmes interrogées disent avoir été très affectées par l’attitude de Roger et nous font part de conséquences sur leur vie professionnelle et leur vie privée. «J’ai dû voir un psychiatre», raconte l’une d’elles. Encore aujourd’hui, certaines ont peur et ont longuement hésité à nous parler. «On a juste envie d’oublier. Mais je témoigne car c’est ce que je conseillerais à une amie ou à une personne que je défends au syndicat, pour libérer la parole des femmes.» D’autres sont en colère contre l’intéressé, mais aussi contre le monde syndical ou la gauche en général. «Dans le milieu, tout le monde est au courant du comportement de ce collaborateur, regrette une des victimes. Seulement, personne ne fait rien car il est considéré comme un as en matière de négociations syndicales. C’est scandaleux.» Et une autre femme de poursuivre: «Je suis étonnée de ne pas avoir été davantage soutenue dans ce milieu de gauche. Cette histoire m’a véritablement détruite.» Même celles qui n’ont pas eu à faire au comportement de Roger connaissent sa réputation. « C’est un secret de Polichinelle. On dirait que parce qu’il est syndicaliste, il peut tout se permettre», déplore une employée. «Ce que cela montre, c’est que tous les milieux peuvent être touchés par le harcèlement», note l’une des victimes.

Pourquoi ne pas avoir porté plainte ou systématiquement dénoncé son attitude auprès de la hiérarchie? Parfois par manque d’opportunités, parfois par peur «d’être mal perçue, de ne plus retrouver de travail», raconte une employée.

#MeToo pas encore né

Comment les instances dirigeantes des syndicats genevois ont-elles pu ignorer ces agissements pendant toutes ces années? Peut-être parce que l’époque ne se prêtait pas à ce type de combat. «La vague #MeToo n’était pas encore passée par là, indique Claude Reymond, président de l’Association des salles de réunions ouvrières, qui a eu l’occasion de collaborer avec Roger. Je voyais bien que son comportement avec les femmes était parfois particulier et plusieurs collègues m’ont parlé de tentatives de séduction inopportunes. Je leur suggérais de prendre des précautions, comme d’éviter de se retrouver seules dans le même bureau que lui. Il me semble aussi avoir tenté d’expliquer à ce camarade qu’il fallait s’abstenir de toute attitude équivoque dans le domaine. Avec du recul, je me rends compte que j’aurais dû agir autrement et saisir les instances dirigeantes de son syndicat. Je regrette aujourd’hui de ne pas avoir suffisamment entrepris.»

Pour l’heure, Roger occupe toujours une fonction importante dans un syndicat genevois, malgré les agissements que ces femmes lui reprochent. Un statu quo qui s’explique peut-être par l’aura du concerné: «Cet homme a quelque chose de fascinant, relève Claude Reymond. Il rassérène devant les inquiétudes. Les gens lui font confiance. Mais c’est malheureux que des cadres syndicaux pratiquent ce qu’on reproche parfois aux différents services des ressources humaines.» Contacté à de nombreuses reprises durant plusieurs jours, l’intéressé n’a pas donné suite à nos appels et messages.

*Nom connu de la rédaction

Créé: 07.12.2019, 08h33

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