livraison-le-defi-de-la-vitesse-pour-le-commerce-electronique-suisse

Livraison: le défi de la vitesse pour le commerce électronique suisse

Économie & Finance : Livraison: le défi de la vitesse pour le commerce électronique suisse | visuel

Les clients suisses achètent de plus en plus de biens et de services par l’intermédiaire de sites internet. Comme tous les grands bouleversements économiques, ce phénomène entraîne des conséquences qui font des gagnants, mais aussi des perdants. Plus globalement, une nouvelle bataille commerciale s’engage. Tous les secteurs d’activité sont plus ou moins rapidement et massivement concernés. Au coeur des champs de bataille? La satisfaction des consommateurs, désireux notamment de se faire livrer rapidement s’ils commandent en ligne. Quel est le délai de livraison acceptable? Est-il possible d’aller toujours plus vite dans ce domaine? Voilà peu ou prou les thèmes qui seront traités par le dix-neuvième Forum suisse de logistique, organisé à Lausanne le 7 novembre prochain par GS1 Suisse. Parmi les conférenciers invités, des représentants d’entreprises actives dans le commerce de biens alimentaires et non alimentaires s’exprimeront. Le défi de la rapidité s’impose en effet à tous, mais de façons différentes, comme le montrent, par exemple, les témoignages des sociétés Migros, Brunschwig & Cie SA, MagicTomato ou Smood.

Le dix-neuvième Forum suisse de logistique, organisé le 7 novembre prochain au Forum Rolex de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne par GS1 Suisse, association sise à Berne et chargée de promouvoir des standards communs en matière de logistique, tentera de répondre à cette question: la livraison en deux heures, fiction ou réalité? Derrière cette interrogation se cachent en fait de nombreux enjeux financiers et techniques propres au commerce électronique en Suisse, alors que les analyses confirment la dimension incontournable prise par les sommes élevées engagées par les consommateurs romands, alémaniques et tessinois sur internet. Il n’a fallu que quelques années pour que les cartes soient rebattues dans de nombreux secteurs d’activité. Une preuve? Ce titre d’un article dans un grand média en 2010: Le shopping sur internet effraie les Suisses. A cette époque, on peut encore lire que «les ventes sur internet progressent en Suisse», mais que «les volumes restent modestes», en raison de «deux handicaps»: d’une part les utilisateurs éprouvent de la méfiance vis-à-vis du paiement par carte de crédit et, d’autre part, ils trouvent les opérations à effectuer compliquées. Ces préventions, en 2019, ne sont plus d’actualité. En effet, aujourd’hui, les achats en ligne ont le vent en poupe. Ils bénéficient même des alizés les plus favorables. Des chiffres? Les dernières enquêtes montrent que les Helvètes dépensent désormais près de dix milliards de francs sur internet chaque année. Les statistiques illustrent aussi une progression continue des montants échangés au fil des ans. La diversité des biens en lien avec les transactions en ligne évolue également.

Le shopping sur Internet perçu comme sûr

«Les achats sur internet concernent maintenant trois personnes sur quatre en Suisse, contre une sur deux en 2010. En outre, parmi les produits et services, les billets de train et d’avion sont les plus fréquemment commandés à distance par l’intermédiaire d’un site d’e-commerce, suivis par les vêtements, les séjours ou les logements de vacances et les billets pour des manifestations sportives ou culturelles. Plus loin suivent la musique, les films et les denrées de consommation courante. Un fort potentiel de croissance existe encore pour beaucoup de ces articles et marchandises!», explique, en substance, un rapport de l’Office fédéral de la statistique publié il y a quelques mois. Une autre étude récente du site Comparis.ch souligne que les sommes déboursées chaque année par les internautes suisses oscillent, en moyenne, entre cinq cents francs et plus de cinq mille francs, selon l’âge ou le genre des personnes interrogées. Les hommes de 30 ans à 59 ans sont ceux qui semblent disposés à dépenser les plus gros montants. En outre, plus de la moitié des consommateurs et des consommatrices en ligne déboursent plus de cinq cents francs par an. Autre point à signaler: à l’inverse de la situation observée il y a un peu moins de dix ans, de nos jours, les Suisses sont 76% à penser que le shopping sur internet est sûr.

La livraison, facteur décisif

Les pourcentages présentés par l’Association suisse de vente à distance (ASVAD, lire article ci-dessous) prouvent que les enjeux sont grands pour les nouveaux acteurs du commerce électronique, comme pour les entreprises qui possèdent déjà une longue histoire et qui se renouvellent pour proposer des achats en ligne. Un facteur, parmi d’autres, devient décisif: la qualité et les caractéristiques de la livraison. Dans ce domaine, que veut le consommateur aujourd’hui? Olivier Theulle, directeur des opérations du groupe Fnac-Darty, chaîne de magasins française spécialisée dans la distribution de produits culturels et électroniques, s’était exprimé à ce sujet dans la presse il y a quelques mois. Pour lui, en matière de livraison, le client «veut avoir le choix entre plusieurs options qui correspondent à son mode de vie, à ses usages, aux différentes occasions qui le poussent à acheter un produit en ligne, etc. Il n’y a pas de besoin monolithique.

Certains consommateurs privilégient la rapidité, d’autres la praticité. Et le marché de la livraison est de plus en plus segmenté: le jour même, le lendemain, à domicile, en magasin, etc. La mission d’un distributeur comme Fnac-Darty est d’offrir la meilleure offre sur chacun de ces segments, pour chaque besoin». Il poursuit: «Notre dispositif nous permet de répondre à ces différentes demandes. Côté rapidité, si un produit est en stock dans un magasin autour de vous, vous pouvez aller le retirer dans un délai d’une heure, ou vous le faire livrer en deux heures chrono». Deux heures chrono! Le défi est lancé et il rejoint la thématique du dix-neuvième Forum suisse de logistique. Au demeurant, la livraison le jour même est déjà une réalité en Suisse pour beaucoup d’entreprises. Le géant allemand du commerce en ligne Zalando affirmait il y a quelques semaines que ce serait bientôt «la nouvelle norme», au moins dans les métropoles. Certains secteurs d’activité vont d’ailleurs plus loin et proposent des temps de livraison en minutes et non en heures! La livraison de repas à domicile se place bien sûr ici au premier rang. «La livraison est le principal «disrupteur» du marché de la restauration depuis plus de quinze ans. Elle est une source de croissance massive et entraîne des transferts de valeur ajoutée très forts entre les acteurs», explique François Blouin, président-fondateur du cabinet d’études et de conseil Food Service Vision, spécialiste de la restauration hors domicile.

L’importance prise par le facteur «livraison à domicile» dans le secteur de restauration semble la conjonction de plusieurs éléments. D’abord, on observe de nouvelles attentes sociologiques «avec notamment des consommateurs millennials qui sont plus de sept sur dix à se faire livrer régulièrement un repas» et, ensuite, on voit arriver des offres commerciales innovantes, à l’instar des nouvelles solutions technologiques «qui ouvrent la possibilité de livraison à de nombreux restaurants qui jusque-là ne proposaient pas cette prestation» (lire à ce propos l’article sur l’entreprise genevoise Smood en page 7 de Entreprise romande du 11 octobre 2019). Ces constats montrant des changements sociologiques et économiques profonds et des évolutions techniques majeures s’appliqueront-ils bientôt à tous les secteurs d’activité?

Source

Article gratuit et sans publicité, soutenez-nous en partageant avec votre réseau :
Retour haut de page