Profil du Scholar-at-Risk du CDH : Nihat Kotluk

21.10.21 – Nihat Kotluk fait son projet postdoctoral en pédagogie en tant que chercheur Scholar-At-Risk au Collège des Humanités (CDH) de l’EPFL. Il concentre ses études sur l’équité et la diversité dans la formation en ingénierie avec Roland Tormey.

Scholars At Risk (SAR) est un réseau international d’universités qui vise à protéger les universitaires menacés, à prévenir les attaques contre la communauté scientifique et à promouvoir la liberté académique dans le monde. Le CDH soutient activement cette mission, en accueillant cette année Nihat Kotluk, qui étudie les questions d’éthique, d’égalité ainsi que de diversité dans la formation en ingénierie avec l’expert pédagogique Roland Tormey. Nihat Kotluk bénéficie d’une bourse d’échange scientifique mise en place par le Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS) afin de soutenir les activités SAR en Suisse.

« Les changements démographiques devraient se poursuivre pendant de nombreuses années en Suisse. Pour améliorer l’équité dans la formation en ingénierie, toutes ces voix et cultures doivent être représentées de manière égale », a déclaré Nihat Kotluk.

« L’EPFL est l’environnement parfait pour les personnes qui souhaitent faire des recherches sur ces sujets. De nombreuses cultures, identités sexuelles, races et ethnies sont représentées dans les classes de l’EPFL. »

Adapter les programmes à la diversité des étudiants

Nihat Kotluk a commencé sa carrière en tant que professeur de physique en 2008 en Turquie, où il a développé une passion pour l’éducation. Cependant, il ressentait également une immense frustration face au manque de ressources pour préparer les enseignants à gérer des classes d’étudiants culturellement et socio-économiquement diversifiés, en particulier en ce qui concerne les STEM (sciences, technologie, ingénierie et mathématiques).

« L’effet de la culture et de la diversité sur les processus d’apprentissage et d’enseignement a été ignoré », dit-il.

Malgré l’obtention d’une maîtrise en éducation STEM avec une spécialisation en physique en 2012, il ressentait toujours un fort désir de gommer la déconnexion entre les programmes scientifiques et les expériences des étudiants. En 2014, il a poursuivi un doctorat en pédagogie à l’Université Yuzuncu Yil, en se concentrant sur la pédagogie culturellement pertinente (CRP).

Après avoir été confronté un manque d’accès à l’expertise et à la littérature sur la CRP en Turquie, il a entrepris d’en apprendre le plus possible sur le sujet, en contactant des experts par courrier électronique et en rencontrant d’autres personnes sur le terrain. Finalement, il a pu non seulement aider à lancer un réseau international de chercheurs CRP, mais aussi déclencher un nouveau mouvement pédagogique.

« Nous avons ouvert une nouvelle discussion dans la communauté universitaire en Turquie. Aujourd’hui, de nombreux autres universitaires ont commencé à se concentrer sur l’équité dans l’éducation et sur l’enseignement adapté aux différentes cultures. »

Une « deuxième maison » en Suisse

Nihat Kotluk dit que c’est grâce à sa « deuxième maison » au CDH qu’il a pu pousser encore plus loin ses recherches. Il collabore actuellement avec les chercheurs de l’Université de Floride, Julie Brown et Niki Koukoulidis sur une nouvelle étude sur la CRP en Europe. Il a également contacté plus de 50 chercheurs CRP pour les inviter à partager leurs expériences, dans le but de créer un réseau académique pertinent pour de futurs projets dans les pays européens. Il a en réponse déjà reçu plusieurs invitations à des visites de recherche dans des universités allemandes, suédoises et finlandaises.

« Si l’EPFL et le CDH n’avaient pas précisément soutenu la liberté académique, il aurait été impossible de planifier ces visites », déclare-t-il, ajoutant qu’il est impératif d’améliorer la base de recherche « insuffisante » pour les pratiques d’enseignement du CRP en Europe.

« Des techniques d’enseignement adaptées aux différentes cultures sont cruciales si nous voulons progresser dans la réduction de l’écart de réussite et encourager l’équité éducative dans les STEM. Notre prochaine génération d’étudiants en STEM va en dépendre. »

Nihat Kotluk Celia Luterbacher

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