Recul historique du commerce extérieur suisse en 2020 sur fond de pandémie

Le commerce extérieur helvétique a subi l’an dernier un recul historique, conséquence de la pandémie de coronavirus, après quatre années de croissance. La bijouterie et l’horlogerie expliquent 50% de la baisse des exportations.

Le secteur de la pharma et de la chimie est le seul à avoir augmenté ses envois. « Le commerce extérieur est ainsi quasi retombé à son niveau de 2017 », souligne jeudi l’Administration fédérale des douanes. Les exportations ont reculé de 7,1% à 225,1 milliards de francs et les importations ont plongé de 11,2% à 182,1 milliards, affichant une baisse historique.

Les échanges ont enregistré une baisse historique au deuxième trimestre, avant de reprendre des couleurs au troisième et au quatrième. En raison d’un repli plus important à l’entrée qu’à la sortie, la balance commerciale a bouclé l’année avec un excédent record de 43 milliards de francs.

Presque tous les secteurs

En 2020, tous les secteurs ont inscrit des chiffres rouges à la sortie, à l’exception des produits chimiques et pharmaceutiques qui ont progressé de 1,6%, grimpant de 1,8 milliard de francs. Les produits immunologiques (+2,8 milliards de francs) ainsi que les principes actifs (+1,1 milliard) ont joué le rôle de locomotive.

La bijouterie et joaillerie ainsi que l’horlogerie ont été les plus durement touchées, leurs livraisons chutant de respectivement un tiers (-4 milliards de francs) et un cinquième (-4,7 milliards). L’industrie MEM, soit les machines, l’électronique ainsi que les métaux, a essuyé un repli de 11%.

Asie la plus touchée

Sur les trois principaux marchés, l’industrie exportatrice suisse a vu ses exportations se dégrader. En baisse de 8,8% (-4,6 milliards de francs), l’Asie a été la plus touchée. Le recul cumulé de Hong Kong et du Japon a atteint 3 milliards de francs. Mais la Chine a progressé de 1,3 milliard de francs, avant tout pour la chimie-pharma et l’horlogerie, fixant un nouveau plus haut à 14,7 milliards de francs.

Les exportations vers l’Europe ont flanché de 6,2% (-8,1 milliards de francs). Les envois vers la France ont été au plus bas depuis 2000, subissant une contraction historique (-2,5 milliards de francs). Le chiffre d’affaires avec l’Amérique du Nord s’est replié de 6,1%. Rien qu’avec les Etats-Unis, il a fléchi de 2,5 milliards à 39,5 milliards de francs.

Fortes importations de textile et de masques

Concernant les importations, les textiles (notamment vêtements et masques de protection) ainsi que les denrées alimentaires, boissons et tabacs ont augmenté, mais aussi les médicaments (+3,4 milliards de francs).

La baisse générale s’explique en grande partie par le plongeon de la bijouterie et joaillerie (notamment bijoux en or pour refonte), dont les arrivages ont fondu de moitié sur un an (-9 milliards de francs). Les importations de produits énergétiques ont reculé tout comme les secteurs véhicules, machines et électronique ainsi que des métaux. Celles de produits chimiques et pharmaceutiques ont perdu 1,5 milliard de francs, plombées par la chute des principes actifs et des matières premières et de base.

Plongée de l’Amérique du Nord

Les importations provenant des trois principales régions ont perdu du terrain. La plus forte baisse a concerné l’Amérique du Nord (-16%). Pour les Etats-Unis, le plongeon atteint 2,4 milliards de francs. Un recul à deux chiffres a également touché l’Europe (-11,2%). Les livraisons d’Asie se sont repliées de 9,9%, en raison notamment de la chute avec les Emirats arabes unis (-5,9 milliards, en particulier les bijoux en or pour refonte).

A l’inverse, la Chine (textile et habillement), Singapour (+60% grâce à la chimie-pharma) ont atteint un niveau record. Avec le Japon, la croissance cumulée s’est établie à 2,8 milliards de francs.

ats/jpr

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