Séquestrés dans leur appartement aux Pâquis

Genève : Séquestrés dans leur appartement aux Pâquis |

Cleptomane, toxicomane et féru de parfums de marque! Ces quelques mots pourraient résumer le profil de M.*, 33 ans. Mais selon l’acte d’accusation que nous avons pu consulter, son cas semble bien mal emmanché. Il sera jugé par le Tribunal correctionnel avant la fin de l’année.

Arrêté à la fin d’octobre 2018, ce Brésilien est suspecté d’avoir séquestré, durant deux heures et demie, deux hommes dans leur appartement aux Pâquis. Lors de ce huis clos angoissant, il les aurait menacés avec un couteau avant de se faire remettre des valeurs pour plusieurs milliers de francs.

D’après les réquisitions du Ministère public, les faits les plus graves ont eu lieu le 21 octobre. M. serait entré par hasard dans un hall d’immeuble aux Pâquis afin de prendre sa dose de crack. Il aurait soudain entendu des sirènes de police et se serait «réfugié» furtivement dans le logement où se trouvaient les plaignants.

Agression aux Bastions

Crédible? Les juges trancheront. Quoi qu’il en soit, l’homme s’est retrouvé dans l’appartement. «Il s’est emparé d’un MacBook, précise l’acte d’accusation. Surpris par l’un des plaignants, il s’est alors caché dans les toilettes. Il s’est ensuite mis à le menacer: «Si tu appelles la police, je te plante.» Puis le prévenu est sorti en dirigeant une lame d’un couteau suisse en direction de la carotide du plaignant.»

Pour l’accusation, les deux personnes ainsi agressées ont remis, sous la contrainte, des ordinateurs, des téléphones, des passeports, des vêtements, des sacs et une cigarette électronique. Durant les faits, l’une des victimes a été prise d’un besoin pressant. Mais comme M. lui aurait interdit de se rendre aux WC, elle a été obligée, sous la menace d’un couteau à hauteur de la carotide, d’uriner dans une bouteille.

Avant de partir avec son butin, le voleur a emporté les clés de l’appartement. «Il a également menacé de revenir, tout en précisant qu’il surveillerait les plaignants», écrit la procureure. Terrifiés, ces derniers ont précisé durant l’enquête qu’ils sont restés cloîtrés dans l’appartement jusqu’au lendemain matin à 8 h.

M. a été arrêté quelques jours plus tard dans la rue, aux Pâquis. Son dossier s’est épaissi au fil de l’enquête. L’homme se voit aujourd’hui reprocher d’autres faits graves. Le 19 septembre 2018, vers 22 h 30, il aurait tenté d’étrangler un passant aux Bastions. La victime a perdu connaissance durant quelques minutes. Le temps pour M. de lui dérober son téléphone, son ordinateur et trois disques durs externes. L’acte d’accusation mentionne également plusieurs vols de bouteilles de parfum dans une pharmacie de Chantepoulet, l’automne dernier, ainsi que des transactions avec une carte de crédit qui ne lui appartenait pas. Il se serait alors empressé d’acheter pour 1300 francs de parfums ainsi que d’autres articles dans différents magasins de tabac. Il a en revanche échoué à retirer 4000 francs au bancomat de la BCGE le 19 octobre 2018.

Résultat: l’homme, détenu à Champ-Dollon, devra comparaître prochainement pour toute une série de crimes et de délits: violation de domicile, brigandages, extorsion, contrainte, séquestration, vols, utilisation frauduleuse d’un ordinateur et contravention à la loi fédérale sur les stupéfiants.

L’effet de la drogue

Me Guillaume de Candolle assurera sa défense: «Cette affaire nous confronte une fois de plus aux conséquences gravissimes que peut avoir la consommation de drogue. Mon client n’aurait jamais commis la moindre infraction sans l’influence des stupéfiants. Et quand on sait que sa consommation, comme celle de tant d’autres, n’a fait qu’empirer dans des centres de soins suisses, on est en droit de se poser la question d’une réelle volonté publique de soigner les toxicomanes.»

* Identité connue de la rédaction

Créé: 25.10.2019, 06h41

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