«Signal d’alerte» pour la droite en Ville de Genève

Genève : «Signal d’alerte» pour la droite en Ville de Genève |

«Vous n’avez pas une autre question?» Sourire en coin, le MCG Daniel Sormanni paraît un brin emprunté à l’heure d’analyser les scores obtenus par son parti dans les communes lors des élections fédérales. Dimanche, il a pourtant vite relevé que la perte du siège au Conseil national s’accompagnait aussi d’un mauvais résultat en ville de Genève: 4,9%.

De mauvais augure à quelques mois des élections municipales. «Les deux scrutins ne sont pas comparables et les fédérales réussissent rarement au MCG, mais il est vrai qu’il s’agit d’un signal d’alerte pour nous», reconnaît celui qui est candidat au Conseil administratif. Également présent sur la liste pour le National, Daniel Sormanni a, lui, obtenu un score personnel honorable dimanche. «On espère que les électeurs percevront le travail qu’on a effectué au Conseil municipal pendant cette législature. Mais il faut qu’on soit plus actif, plus visible.»

La question de l’alliance à droite

Le PDC ne fait guère mieux. Dans les bureaux de vote de la ville, les démocrates-chrétiens ont recueilli à peine 5,4% des suffrages. Ce qui les mettrait en dessous du quorum qu’il faut atteindre pour siéger au Municipal, fixé à 7%. Pareille déconvenue s’était déjà produite lors des élections fédérales de 2011. Elle n’avait pas empêché le PDC de faire élire Guillaume Barazzone l’année suivante (même si PS et Verts n’avaient pas présenté de candidat) ni d’obtenir plus de 13% et 11 élus aux municipales de 2015, tout comme le MCG, d’ailleurs.

À la tête de la section Ville de Genève, Luc Zimmermann admet toutefois que le résultat de dimanche est «décevant». Cette tendance amènera-t-elle le PDC à envisager une éventuelle alliance de la «droite élargie» avec le MCG et l’UDC, laquelle a limité la casse dimanche (12,6%)? Sur Facebook, le conseiller municipal Éric Bertinat argue que «si elle entend conserver sa majorité, la droite devra sérieusement compter sur l’UDC». Sur le territoire municipal, l’Entente PDC-PLR stagne à 20,5%, contre 53,9% pour l’Alternative Verts-Parti socialiste-Ensemble à Gauche (EàG).

«Nous sommes en train d’analyser la question des apparentements. Il reviendra ensuite à l’assemblée de la section de prendre une décision», déclare Luc Zimmermann. Interrogées en septembre, les deux candidates PDC pour l’Exécutif, Marie Barbey-Chappuis et Alia Chaker Mangeat, avaient fait savoir qu’elles étaient fermement opposées à une alliance avec l’UDC et le MCG.

L’ambition des Verts

Dans l’intervalle, les Verts se frottent les mains. En ville, plus d’un électeur sur quatre a voté pour eux (26% contre 24,6% sur l’ensemble du canton). En termes de géographie électorale, ce phénomène s’illustre notamment par la prise des arrondissements de Frontenex et de Florissant, jusqu’ici PLR. Des bastions socialistes, comme la Jonction, les Acacias et les Pâquis, passent au vert eux aussi, ainsi que l’a relevé «Le Courrier».

Plus que jamais, le Parti écologiste vise deux sièges au Conseil administratif, contre un seul actuellement, celui d’Esther Alder. Il ne s’en était pas caché en lançant deux candidats – la députée Frédérique Perler et le conseiller municipal Alfonso Gomez. Au détriment de qui? Même affaiblie, la droite devrait au moins parvenir à maintenir son unique siège à l’Exécutif. Les regards se tournent alors vers EàG. Rémy Pagani ne se représente pas et le parti ne s’est toujours pas choisi de candidats. De sa faculté à résorber ses dissensions internes, mais aussi à s’unir avec les Verts et les socialistes, dépendra le sauvetage du siège qu’occupe sans discontinuer la gauche de la gauche depuis un demi-siècle.

Créé: 23.10.2019, 16h28

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