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Un marché du meuble stagnant aura eu raison de Pfister, racheté par l’autrichien XXXLutz

Économie : Un marché du meuble stagnant aura eu raison de Pfister, racheté par l’autrichien XXXLutz |

C’est une marque historique de l’ameublement qui vient de perdre son indépendance. Fondé à Bâle en 1882, et encore leader du marché suisse il y a une dizaine d’années, Pfister est racheté par le géant autrichien XXXLutz. Avec Pfister Meubles, ce sont aussi les autres marques de la holding F. G. Pfister, Hubacher, Egger et Svoboda, regroupées dans la filiale Arco Regio, qui changent de propriétaire. Les 1800 employés «continueront de travailler aux mêmes conditions», précise la holding.

Pfister, qui possède 20 magasins en Suisse, ne communique plus de chiffres depuis 2015 et l’absorption des meubles Hubacher, et le chiffre d’affaires connu, 600 millions de francs, remonte à 2014. L’entreprise n’est pourtant pas en difficulté, et est toujours dans les chiffres noirs, mais elle reconnaît qu’il est «de plus en plus difficile pour un vendeur de meubles de continuer à se développer dans un environnement de marché globalisé et compétitif». Il y a un mois, son directeur, Matthias Baumann, quittait l’entreprise pour raisons personnelles. Il est aussi connu, rappelle «Bilan», pour être le gendre de Christoph Blocher, lequel, dans un entretien accordé à la «Schweizer Illustrierte», avait expliqué que «son gendre et l’entreprise ne s’entendaient plus sur l’orientation future dans ce marché très difficile».

Fortement impacté depuis plusieurs années par le tourisme d’achat et le commerce en ligne, le marché de l’ameublement décroît. «Il est de 3,79 milliards de francs en 2018 (–0,5%), dont 7% réalisés sur le Net, mais en recul constant depuis 2012 (4,1 milliards)», indique l’Association suisse industrie et négoce du meuble (Möbelschweiz), qui précise que quelque 800 millions de francs sont dépensés chaque année à l’étranger. Migros cherche à se séparer d’Interio, déficitaire, et Coop a remonté en gamme sa filiale TopTip en la remplaçant il y a un an par la chaîne Livique. Quant à Conforama, les turbulences traversées par le groupe en France ont déjà suscité l’inquiétude au sein des succursales suisses, même si la direction a assuré qu’aucune fermeture n’était envisagée.

L’environnement est favorable aux big players, Ikea en tête. Avec un chiffre d’affaires suisse de 1,14 milliard de francs (+3,7% en 2018), la marque suédoise tire aisément son épingle du jeu et dicte la cadence: il y a quelques mois, c’est elle qui annonçait le lancement des meubles en location, inaugurant l’ère de l’économie circulaire.

Dans ce contexte, l’arrivée au début de 2018 de XXXLutz ne pouvait que fragiliser les acteurs historiques. Le No 2 européen, présent dans douze pays, emploie 22 200 personnes et dégage un chiffre d’affaires de 4,4 milliards d’euros (4,8 milliards de francs). L’enseigne autrichienne a inauguré il y a dix-huit mois sa première succursale à Rothrist (AG), et projetait alors d’en ouvrir sept ou huit en Suisse. Le profil de l’entreprise lui permet de jouer sur plusieurs tableaux, avec une gamme de meubles du même standing que Pfister, mais aussi un segment de kits à monter soi-même pour ne pas se faire distancer par Ikea. Möbelschweiz estimait en 2018 que XXXLutz pouvait envisager un chiffre d’affaires de 300 à 400 millions de francs d’ici à trois ou quatre ans.

Créé: 23.10.2019, 20h11

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