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Un reliquaire design pour le XXIe siècle

Genève : Un reliquaire design pour le XXIe siècle |

Une nouvelle page dans l’histoire qui lie depuis plus de sept siècles l’abbaye de Saint-Maurice à Louis IX a été écrite. Un fragment du manteau dit de saint Louis repose désormais en la salle du trésor à côté du reliquaire abritant une épine de la couronne du Christ, offerte par le monarque en 1262 ( lire l’encadré ). Une donatrice qui souhaite rester anonyme a fait cadeau en 2015 au monastère de ce petit carré d’étoffe, déniché lors d’une vente aux enchères. À défaut d’avoir pu certifier l’appartenance du manteau de Louis IX, les analyses menées par la Fondation bernoise Abegg-Stiftung spécialisée dans l’étude et la conservation des textiles historiques en ont au moins confirmé la contemporanéité.

Projet de la HEAD

Vendredi, jour de la Toussaint, l’abbé Jean Scarcella et les chanoines agaunois ont béni le reliquaire conçu pour abriter cette relique. Le printemps dernier, l’abbaye et l’équipe scientifique en charge de l’étude et de la restauration du trésor avaient convié les élèves de la filière Design, bijoux et accessoires de la Haute École d’art et de design (HEAD) de Genève à imaginer un vaisseau pour cette relique.

Le projet de Sylvain Pierre Ferrero a été retenu par le jury composé notamment de l’abbé Jean Scarcella, de la donatrice ou encore de Denise Witschard, conser­vatrice-restauratrice du trésor abbatial. Baptisé «Custodiat» («qu’il soit conservé»), le coffret a séduit avec ses lignes sobres et son argent travaillé en un mouvement drapé. Révéler sans dévoiler

«Lorsque j’ai découvert les 22 prototypes, trois d’entre eux m’ont immédiatement tapé dans l’œil, dont celui-ci, se souvient Mgr Scarcella. Il y a une pureté dans les lignes et une cohérence avec les autres pièces du trésor: l’or utilisé représente le divin et enserre l’argent, qui symbolise l’humain. Un reliquaire est là pour révéler la relique sans la dévoiler. C’est exactement ce que fait cet objet.»

Une chance «unique»

Étudiant en année de bachelor à la HEAD, Sylvain Pierre Ferrero confirme avoir voulu symboliser avec «Custodiat» la texture du morceau d’étoffe. «J’ai été baptisé catholique, mais je n’ai pas baigné dans la religion et ne suis pas pratiquant. Par contre, j’ai beaucoup de respect pour la foi, qu’elle soit chrétienne, musulmane, etc. Pouvoir travailler sur un tel objet est une chance unique. Il s’agit du premier reliquaire du XXIe siècle à entrer à l’abbaye.»

Ouvrira-t-elle des portes au futur artiste de 23 ans, qui se spécialise dans le design horloger? «C’est une belle carte de visite, répond l’intéressé. On a son nom à côté de celui de grands orfèvres dont les pièces ont été intégrées depuis des siècles au trésor.» C’est l’étudiant lui-même, avec l’aide de son professeur Fabrice Schaefer, qui a confectionné l’œuvre finale.

Jean Scarcella évoque pour sa part un moment «extraordinaire» pour sa communauté: «L’histoire continue de vivre et cela atteste du fait que ce lieu est également bien vivant. J’ai été très touché en apprenant qu’on nous confierait cette relique. Son arrivée à côté de l’épine du Christ est un symbole fort. C’est aussi la preuve qu’il y a une cohérence dans le plan divin.»

Créé: 02.11.2019, 15h17

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