Unia dénonce des conditions de travail « misérables » chez DPD

Dans un rapport publié mardi, le syndicat Unia dénonce les conditions de travail jugées « misérables » du personnel de livraison de colis chez DPD. Ces derniers appellent l’entreprise à ouvrir des négociations.

Unia lève le voile sur ce qu’il appelle le « système DPD ». En se basant notamment sur plus de 200 entretiens avec des membres du personnel de livraison, il montre comment l’entreprise favorise les mauvaises conditions de travail. De nombreux témoignages rapportent des journées de 12 à 14 heures, dont les heures supplémentaires ne sont pas rémunérées. Or il s’agit d’une branche où les bénéfices « explosent », souligne le syndicat.

Nombreuses infractions dénoncées

Outre ce « hold-up » sur les salaires, les chauffeuses et chauffeurs dénoncent les retenues abusives sur les rémunérations, les infractions aux lois lors de travail de nuit, l’absence de l’indemnité de repas obligatoire, la surveillance en temps réel non autorisée et les sollicitations excessives nocives pour la santé.

Ils fustigent aussi le manque de toilettes, les véhicules dans un état insuffisant et la méconnaissance des plans de protection Covid-19. Les droits syndicaux des employés sont par ailleurs bafoués.

Chauffeurs salariés par des sous-traitants

Au nombre de quelque 800, ces chauffeurs ne sont pas embauchés par DPD mais travaillent pour quelque 80 sous-traitants qui exécutent les livraisons. DPD répercute ainsi systématiquement les risques et les coûts, tout en conservant le contrôle intégral sur l’ensemble des opérations, décrit Unia.

Certains salariés de ces sous-traitants demandent à DPD de négocier afin d’obtenir une amélioration de leurs conditions de travail. Mais à ce jour, l’entreprise répond par « le refus et la répression », constate Unia.

Effets dévastateurs sur toute la branche

Mis à part l’exploitation des employés directement concernés, les pratiques de DPD ont des effets dévastateurs sur la branche de la logistique et au-delà, note par ailleurs le syndicat.

Dans l’acheminement de colis, les frais salariaux constituent une part déterminante des comptes de l’entreprise. La concurrence est dans l’incapacité de concourir dans le respect des règles, poursuit Unia, si des prestataires épargnent jusqu’à un tiers des frais salariaux en faisant de la sous-enchère avec les pratiques décrites.

ats/oang

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